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Livret « Faut-il toujours être d'accord avec sa famille ? » : Club philo Ar Presbital, Locquirec

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Faut-il toujours être d’accord avec sa famille ?

Cette semaine, pour lancer la réflexion, les enfants ont découvert l’histoire d’une petite fille passionnée de danse classique. Pourtant, toute sa famille lui conseille de choisir de faire du hip-hop. Ses parents sont convaincus de lui donner le meilleur conseil.

Ils lui disent : « C’est pour ton bien. » Puis ajoutent cette phrase que beaucoup d’enfants connaissent : « Tu comprendras quand tu seras grand. »

La petite fille hésite… Que devrait-elle faire ? Et vous, qu’auriez-vous choisi ?

À partir de cette histoire, les enfants ont exploré une question qui les touche tous : faut-il toujours être d’accord avec sa famille ?

Le fil de leurs réflexions

Voici le fil de leurs réflexions et les paroles notables extraites de ce temps dédié.

La confiance

Les enfants ont d’abord cherché à comprendre pourquoi les parents prodiguent des conseils à leurs enfants. Pour eux, les parents veulent avant tout les protéger, les aider et leur éviter de faire des erreurs. Ils ont reconnu que les adultes possèdent davantage d’expérience et qu’ils cherchent généralement le bonheur de leurs enfants.

Mais ils se sont aussi demandé si vouloir le bien de quelqu’un signifie toujours savoir ce qui est bon pour lui. Plusieurs enfants ont fait remarquer que l’on peut aimer très fort une personne… tout en se trompant parfois.

Grandir et comprendre

La phrase « Tu comprendras quand tu seras grand » a suscité de nombreux échanges.

Les enfants se sont interrogés sur ce que signifie réellement grandir. Est-ce seulement une question d’âge ? Faut-il attendre d’être adulte pour comprendre certaines choses ? Ou bien les enfants peuvent-ils eux aussi avoir des idées justes, même s’ils ont moins d’expérience ?

Ils ont reconnu que l’expérience permet souvent de mieux comprendre certaines situations, tout en soulignant que les adultes continuent eux aussi à apprendre tout au long de leur vie.

Décider par soi-même

Les enfants ont ensuite réfléchi à la capacité de décider lorsque l’on est enfant. Peut-on choisir ses activités ? Ses amis ? Ses vêtements ? Son métier plus tard ? Son heure de coucher ?

Très vite, ils ont découvert qu’il n’existe pas de réponse unique : certaines décisions peuvent être prises par les enfants, d’autres demandent encore l’aide ou la protection des adultes.

Ils ont ainsi commencé à distinguer les décisions qui concernent les goûts personnels de celles qui touchent à la sécurité ou à la santé.

Être en désaccord

Les échanges ont montré qu’être en désaccord avec sa famille ne signifie pas forcément manquer de respect ou ne plus aimer ses proches.

Les enfants ont expliqué qu’il est possible d’écouter les conseils de ses parents, de les comprendre, tout en ressentant une envie différente.

Ils se sont demandé comment exprimer un désaccord sans blesser les personnes que l’on aime.

Construire son propre jugement

Au fil de la discussion, une autre question est apparue : comment savoir si une décision est vraiment la nôtre ? Les parents, les grands-parents, les frères et sœurs, les amis ou encore les enseignants influencent naturellement notre manière de penser. Les enfants ont alors réfléchi à la façon dont chacun construit peu à peu son propre jugement, en écoutant les autres tout en apprenant à réfléchir par lui-même.

Conclusion des enfants

Les enfants ont finalement reconnu que les parents donnent souvent des conseils par amour et avec de bonnes intentions, mais que cela ne signifie pas qu’ils ont toujours raison.

Ils ont découvert que grandir consiste peut-être à apprendre à faire confiance aux autres… tout en développant progressivement sa propre capacité à réfléchir et à décider.

Comme souvent en philosophie, cette discussion ne s’est pas terminée par une réponse définitive, mais par une nouvelle question qui continuera peut-être de les accompagner :

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Comment savoir quand il faut écouter les autres… et quand il faut écouter sa propre voix ?

Paroles d’enfants

  • Je ne sais pas ce qu’il faudrait choisir. Peut-être quand même le hip hop.
  • Moi je choisis le hip hop parce que je pense qu’il faut écouter les conseils des parents.
  • Souvent, enfin la plupart du temps, les parents ont raison.
  • Moi je choisirai la danse classique. Parce qu’elle peut choisir ce qu’elle a vraiment envie de faire. En plus c’est drôle de voir les gens danser du classique.
  • Ou alors, elle n’a qu’à faire aucun des 2, et elle devrait choisir de faire du théâtre.
  • Pourquoi les parents nous donnent des conseils ? Et est-ce qu’on est obligés de les suivre ?
  • Jamais.
  • Oui. Des fois quand même.
  • Ils font ça pour qu’on fasse les bons choix.
  • Parfois je fais pour ne pas les blesser.
  • Si les enfants font tout ce qu’ils veulent. C’est dangereux.
  • Quand peut-on décider tout seul ?
  • On peut décider quand on est grand… à 40 ans ou 30 ans, on peut décider par soi-même.
  • On peut aussi décider des choses tout seul à 3 ans, à 4 ans, à 5 ans. Moi mon petit frère il peut décider tout seul. Enfin… pas vraiment quand même.
  • On peut décider quand on est adulte.
  • Mais on est adulte quand ?
  • À 30 ans.
  • On est adulte quand on a de la moustache.
  • Mais les filles, elles ne peuvent pas se laisser pousser la moustache du coup elles sont adultes quand ?
  • On est adulte quand on a 18 ans, 21 ans.
  • À 18 ans, on n’est pas toujours adulte, on est majeur. Majeur, c’est différent d’adulte.
  • Les parents ils nous aident à ne pas faire les mauvais choix. Mais il ne faut pas toujours les écouter.
  • On peut les écouter une fois sur deux. Mais par contre je leur fais confiance pour la nourriture.
  • Des fois, les parents disent des mauvais trucs, donc on est mort. Quand ils disent des bons trucs, on n’est pas mort. Voilà, des fois, ils se trompent aussi.
  • Moi j’ai confiance dans mes parents parce que c’est ma famille, je sais qu’ils ne vont pas me faire prendre des mauvaises décisions.
  • Oui, des fois, ils ont raison… Enfin souvent.
  • On fait confiance à ses parents parce qu’on sait qu’ils ne vont pas dire de faire des choses qui ne sont pas bien. Ils ne vont pas nous dire de faire des bêtises comme casser un verre d’eau par exemple.
  • C’est important d’écouter ses parents mais parfois il y a quand même des parents qui sont méchants qui n’aiment pas leurs enfants. Ça peut arriver, ça existe quand même, alors les enfants ne peuvent pas leur faire confiance.
  • Pourquoi les parents disent « c’est pour ton bien » ?
  • Moi ils le disent tout le temps et ça m’énerve.
  • Ils disent ça pour qu’on soit un bon adulte plus tard, pour qu’on fasse les choses bien.
  • Ils disent ça parce qu’ils veulent bien élever les enfants.
  • Eux ils savent, parce qu’ils ont déjà vécu ça.
  • C’est aussi pour notre sécurité.
  • C’est important pour bien être élevé. Pour qu’on ait une bonne école, un bon travail, qu’on soit poli. Pour pas faire de bêtises ou du mal.
  • Est-ce qu’il y a des choses que les enfants peuvent décider tout seul ?
  • Oui, mais pas toujours. On peut décider de certaines choses seul comme manger des bonbons, des yaourts. Mais pas, par exemple se promener tout seul dans la rue.
  • Je peux décider tout seul de monter aux arbres. Mais ils décident qu’on se brosse les dents. C’est pour le bien de notre bouche.
  • Je peux prendre des légumes dans le potager tout seul parce que c’est mes légumes. Mais par contre je ne peux pas prendre un bain seul, car sinon je mets de l’eau partout par terre.
  • Je peux jouer à mes jeux ou lire des livres. Mais pas jouer à des jeux qui ne sont pas adaptés à l’âge de mon frère.
  • Moi aussi, je peux monter dans les arbres, mais je ne décide pas de ranger ma chambre, c’est mes parents qui décident.
  • Chaque fois que je range ma chambre après elle est encore plus en bazar, et du coup je n’y vais plus.
  • Si on n’écoutait pas les parents, alors plein d’enfants ne voudraient pas aller à l’école. Ils n’auraient pas de travail, ils ne sauraient pas lire ni écrire.
  • J’ai le droit de décider d’aller boire seul, ça c’est une chose normale.
  • J’ai le droit de choisir mes amis. Mais des fois, les parents nous forcent un peu à prendre des amis.
  • Les parents peuvent décider ce qu’on mange. Mais pas pour les amis. Là c’est moi qui décide.
  • Je ne voudrais pas être ami avec mes voisins, ils crient dans le jardin dès le matin.
  • Moi je n’ai pas vraiment choisi mes amis. Mes parents ils ont beaucoup d’amis et du coup je suis ami aussi avec les enfants.
  • Tu comprendras quand tu seras grand. On l’entend tout le temps. C’est des choses d’adultes. Ils disent ça souvent. C’est ma pire phrase détestée avec « C’est pour ton bien ».
  • Moi mes parents ils ne disent pas ça. Ils m’expliquent toujours.
  • Mon grand-père m’a obligé à manger des épinards pour avoir un dessert.
  • Moi, je veux tout le temps tout savoir, et j’entends que ce que je veux.
  • Ils disent toujours les mêmes phrases. Va te brosser les dents. Ce n’est pas tes affaires. Ça va t’aider à faire des choix. Moi. Je comprends déjà ce qu’ils disent donc c’est bête de me le répéter.
  • « C’est pour notre bien », il y a des choses que je comprends et d’autres non. Il y a des choses que je ne comprendrai jamais. Parce que je m’en rappellerai plus. Il faudrait les noter.
  • Quand tu es grand, tu comprends plus de choses. Tu as plus travaillé à l’école. Avant, si tu ne savais pas écrire un mot, et bien après, quand tu grandis, tu sais.
  • Ça veut dire quoi tu comprendras quand tu seras plus grand ?
  • C’est que dans les films américains qu’on dit tu comprendras plus tard.
  • Ça veut dire que ce n’est pas tes affaires.
  • Les parents, ils sont passés par plus de choses que nous. Ils ont appris ça au collège, au lycée, dans la vie, à force d’entendre les gens parler et à force de lire des nouveaux mots dans les livres.
  • En fait ils apprennent encore des choses jusqu’à la mort.
  • Les enfants apprennent aussi des choses aux parents. On pourrait leur dire « tu comprendras quand tu seras plus petit ».
  • Ma grand-mère a essayé de manger une coquille d’huître à un Noël. Et elle a dit : « Pourtant, c’était comme ça avant. » Elle était vieille, mais on avait fêté son anniversaire. Elle grandissait encore.
  • À qui faites-vous confiance ?
  • À mon cerveau.
  • À personne.
  • À mon frère.
  • Aux parents.
  • À mes sœurs.
  • Aux grands-parents.
  • À un adulte digne de confiance. À la maîtresse.
  • Est-ce que vous suivez leurs conseils ?
  • On ne le fait pas forcément. Des fois ils ne disent pas les bonnes réponses.
  • J’écoute, je réfléchis, et après je prends une décision.
  • On fait confiance qu’à la famille, pas aux amis. La famille, on la voit tous les jours. Ils ne vont pas nous dire qu’ils nous détestent. Ils tiennent à nos vies.
  • Aujourd’hui j’ai appris qu’il faut un peu écouter ses parents.
  • On va dire qu’on écoute 20 ou 30 fois sur 100.
  • Je savais déjà beaucoup de choses, mais c’est bien d’écouter ses parents.

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