Que peuvent nous apprendre les insectes ?
À partir de la découverte de la société des fourmis, les enfants ont été invités à réfléchir à la manière dont on vit ensemble : pourquoi il existe des règles et quelle place chacun occupe dans un groupe. Cette réflexion s’est appuyée sur l’histoire de Lila, une jeune fourmi qui, face à une situation difficile, hésite entre obéir aux règles de la colonie ou aider une seule fourmi en danger.
Le fil de leurs réflexions
Voici le fil de leurs réflexions et quelques paroles notables extraites de ce temps dédié.
La société
Les enfants ont compris qu’une fourmilière, c’est un groupe organisé où chacun a un rôle. Chez les fourmis, certaines cherchent la nourriture, d’autres protègent ou s’occupent des petits. Cette organisation permet à toute la colonie de fonctionner et survivre. Ils ont fait le lien avec les humains : nous vivons aussi en société, avec des règles et des rôles différents.
Les règles
Les enfants ont identifié que les règles sont nécessaires pour que le groupe fonctionne. Chez les fourmis, elles sont très strictes : chacune doit faire son travail sans discuter. Les enfants ont compris que sans règles, ce serait le désordre. Mais ils ont aussi remarqué que les règles peuvent parfois être difficiles à accepter, notamment lorsqu’elles empêchent de faire ce que l’on aimerait.
La liberté
La question de la liberté a beaucoup fait réagir. Contrairement aux fourmis qui semblent toujours obéir, les humains peuvent choisir, réfléchir et parfois désobéir. Les enfants ont exprimé leur attachement au fait de pouvoir décider par eux-mêmes, même si, dans leur quotidien, ce sont souvent les adultes qui prennent certaines décisions.
La morale et les choix
À travers le dilemme de Lila (aider une fourmi en danger ou continuer sa mission et sécuriser l’ensemble du groupe), les enfants ont réfléchi à des situations où il est difficile de choisir. Ils ont compris que toutes les décisions ne sont pas simples et qu’il faut parfois choisir entre respecter les règles ou aider quelqu’un. Certains ont défendu l’idée qu’il est important d’aider, d’autres que le groupe doit passer en priorité.
L’individu et le groupe
Un débat important a émergé : faut-il penser d’abord au groupe ou à chaque individu ? Les enfants ont exploré les deux points de vue : protéger le groupe permet à tous de survivre, mais aider une personne en difficulté reste essentiel. Ils ont découvert que cet équilibre est complexe et qu’il n’existe pas toujours de réponse unique.
Conclusion des enfants
Les enfants ont compris que vivre en société demande des règles, mais aussi de la réflexion et du jugement. Contrairement aux fourmis, les humains peuvent penser par eux-mêmes, discuter et faire des choix, même difficiles.
Paroles d’enfants
- Les fourmis portent de l’or.
- Elles n’ont pas de pattes !
- Si, elles ont des pattes, elles ont 6 pattes !
- Elles marchent beaucoup, elles vont très vite.
- Elles sont noires, elles ont des yeux. Des fois, elles sont rouges.
- Elles peuvent porter des choses très lourdes.
- Elles peuvent avoir les yeux bleus.
- Elles marchent en file et portent de la nourriture.
- Dans une fourmilière, il y a une reine. Et il y en a qu’une, comme chez les abeilles. Les fourmis elles se battent pour qu’il en reste qu’une, et celle qui a survécu c’est la reine.
- Elles font plein de bébés fourmis.
- Y’a aussi des fourmis qui piquent.
- Ça peut voler aussi, ça existe les fourmis volantes.
- Elles ne sont pas toutes pareilles, celles qui se voient le mieux c’est les fourmis rouges.
- Elles vivent dans la terre, ou plutôt sous la terre.
- Une fourmilière ça ressemble à une maison.
- Ça ressemble plutôt à un château, parce qu’il y a une reine et des soldats.
- Ça ne ressemble pas à chez nous, mais y’a des pièces comme dans la maison. Elles stockent la nourriture, mais y’a pas de portes.
- Il y a une reine, des soldats, des ouvrières, des bébés.
- Les soldats fourmis, ils protègent des dangers.
- La fourmi ouvrière, elle ramène à manger. C’est elle qui s’occupe de tout, et des bébés fourmis.
- Elles cultivent aussi des champignons.
- La fourmi de l’histoire, elle veut faire autrement. Elle n’arrive pas à décider quoi faire.
- Les fourmis ne décident pas, elles obéissent pour que la colonie survive, pour que tout marche. Parce qu’il faut faire leur travail pour la fourmilière.
- Moi à sa place, j’aurais aidé la petite fourmi blessée.
- Moi aussi.
- Moi non, j’aurais continué à avancer. Le groupe est plus important qu’une seule fourmi.
- C’est difficile de décider qui il faut aider. Il vaut mieux aider les mille fourmis.
- Si toutes les fourmis meurent, c’est un risque pour tout le groupe et on meurt aussi. Le groupe, lui, il peut continuer à protéger tout le monde.
- Les fourmis obéissent tout le temps, désobéir c’est un risque de mort.
- C’est important de désobéir parce que si on aide la petite fourmi, elle peut retourner dans le groupe.
- Si on me dit de sauter par la fenêtre, bah, je vais désobéir, parce que c’est dangereux, je ne vais pas sauter, j’aimerais pas mourir comme ça. Se jeter d’un hélicoptère, on ne le fait pas non plus. Sauter d’une falaise, je l’ferai pas non plus, je n’obéirai pas. Foncer dans un arbre avec sa voiture non plus. À part si tu es riche ou que ta voiture n’est pas très jeune, mais on peut quand même se casser la tête.
- Pour décider s’il faut obéir on réfléchit pour savoir si c’est une bêtise ou pas.
- Les fourmis réfléchissent aussi, mais ce n’est pas pareil que nous. Elles ne décident pas.
- J’aime décider tout seul plein de choses, décider d’aller à la voile ou pas. Mais la plupart du temps, c’est ma mère qui gagne.
- Souvent c’est les adultes qui décident.
- Je n’aime pas quand papa n’écoute pas !
- On peut décider de se recoucher le matin.
- Si je mange mon petit déjeuner, les adultes peuvent avoir du café et pas les enfants.
- Papi et ma petite sœur ils ont de la brioche et du chocolat chaud, moi je choisis une crêpe parce que j’adore ça. Dans la fourmilière, elles mangent toutes la même chose. C’est important de choisir.
- Des fois, on est obligés de faire des choses qu’on n’aime pas faire, comme se brosser les dents. Sinon on abime les dents.
- Oui, je n’aime pas quand on ne m’écoute pas.
- Si tu invites des gens, tu fais tout, t’es le chef du groupe, t’es le dirigeant. On ne peut pas désobéir à un chef de groupe, sinon ça peut avoir un impact sur le groupe.
- Par exemple, si tu décides de mettre des assiettes en carton à un mariage au lieu de vraies assiettes sans en parler au chef de groupe, c’est pas bien. Pour décider autrement, il faut le dire avant.
- On peut désobéir si c’est pour faire le bien. Par exemple, voler pour sauver des animaux. Si tu voles un diamant au musée, c’est pas bien, mais si tu voles une grosse couronne en diamants pour sauver les animaux en danger dans le désert, là c’est bien, car le voleur pourra la revendre pour protéger les animaux. Le plus important c’est d’aider les animaux.
- Ce n’est pas facile de prendre les bonnes décisions.
- Alors, est-ce que c’est mieux de vivre comme les fourmis ou comme les humains ?
- Nos maisons sont trop grandes pour les fourmis.
- C’est mieux de vivre comme les fourmis, comme ça, on peut avoir une grande famille. Parce qu’on est tous ensemble.
- C’est mieux de vivre comme des humains parce qu’on peut acheter la nourriture dans les magasins. On peut choisir.
- Les fourmis, elles ont la nourriture gratuite, l’argent n’existe pas chez elles.
- Les clémentines c’est bon mais elles ne peuvent pas en manger parce que la peau elles n’arrivent pas à l’enlever.