École Émile Cloarec, année 2026. La philo des marmots : paroles d’enfants.
Faire de la philosophie, c’est réfléchir à des questions importantes que se posent les êtres humains depuis très longtemps, et pour lesquelles même les grandes personnes n’ont pas la bonne réponse.
Faire de la philosophie, c’est réfléchir au monde qui nous entoure sans chercher la solution à nos questions… Mais au contraire, c’est réfléchir à toutes les réponses possibles, comme si on allumait une bougie à chaque nouvelle idée.
Les grandes questions n’ont pas de bonnes ou de mauvaises réponses, elles ont besoin de bonnes idées pour éclairer le chemin.
Les gros mots
Les enfants ont réfléchi au sens des gros mots et des insultes. Ils pensent que les gros mots sont souvent utilisés sous le coup de la colère, de la douleur ou de la frustration.
Beaucoup distinguent le gros mot, qui peut parfois être prononcé sans viser quelqu’un, de l’insulte, qui a pour but de blesser une personne. Ils ont aussi remarqué que certains gestes peuvent faire autant de mal que les mots et que l’exclusion ou les moqueries peuvent être des formes de violence.
- Pourquoi dit-on des gros mots ?
- On en dit quand on est énervé.
- On en dit quand on n’aime pas quelqu’un, pour embêter les gens.
- Quand on n’aime pas la personne, ça vient tout seul, les gros mots.
- C’est des âneries quand même.
- Pourquoi on ne peut pas dire des gros mots ?
- C’est malpoli, c’est méchant.
- Les gros mots, c’est interdit par la loi jusqu’à 18 ans.
- C’est une façon de s’exprimer sur le coup de la colère. Ou sur le coup de la douleur.
- C’est interdit par la loi, mais pourquoi c’est méchant ?
- Si tu te fais mal tout seul, et que tu dis un gros mot, tu peux, parce que ce n’est pas destiné à quelqu’un.
- Ce n’est pas forcément des mots, ça peut aussi être des gestes. C’est pareil, ça revient au même.
- Est-ce que dire des gros mots et faire des gestes, c’est pareil ?
- Un doigt d’honneur, c’est comme un gros mot.
- Certains gestes ne sont pas des gros mots, c’est plus dur que des mots.
- Dire une insulte, c’est être malpoli. C’est la même chose, être malpoli et insulter quelqu’un.
- Non. Être malpoli, c’est quand tu ne dis pas bonjour, merci ou pardon. Dire des gros mots, ce n’est pas pareil.
- Est-ce qu’on peut insulter quelqu’un sans dire des gros mots ?
- Insulter, c’est destiné à quelqu’un, mais il n’y a pas forcément de gros mots. Le gros mot, tu ne désignes pas quelqu’un, alors qu’insulter, c’est fait pour blesser quelqu’un.
- On peut dire des gros mots quand on est contrarié, alors qu’une insulte, c’est quand tu en veux à quelqu’un.
- On peut insulter physiquement et mentalement.
- Tu peux ignorer quelqu’un, ça peut le blesser, comme dire des secrets et regarder mal l’autre.
- Se faire exclure, ça peut blesser. On peut voir ça au regard ou à l’humeur.
Les enfants du groupe Hip-Hop (CE2-CM2)
La mort
Les échanges ont montré une grande diversité de points de vue. Certains enfants imaginent une vie après la mort, d’autres pensent qu’il n’y a plus rien, tandis que plusieurs disent simplement ne pas savoir.
Ils ont partagé leurs croyances, leurs expériences personnelles et leurs émotions face à la perte d’un proche ou d’un animal. Ils ont abordé des questions profondes, mais aussi les sentiments de tristesse, de peur ou parfois de soulagement que peut susciter la mort.
- Quand on est mort, on ne respire plus.
- On peut avoir soit les yeux ouverts, soit les yeux fermés.
- Moi, je pense qu’il y a une vie après la mort. Il y a la mort du corps, mais pas de l’âme.
- Non, pour moi on n’existe plus, il n’y a plus rien.
- Certains croient qu’ils ont vu des choses…
- Il y a une vie après la mort.
- Moi, je ne sais pas.
- On ne se souvient plus de avant, mais on va dans un autre corps : c’est la réincarnation.
- Moi, je crois qu’on reste mort à l’infini.
- En tout cas notre corps disparaît, mais pas l’âme. La pensée reste dans l’au-delà.
- La mort, c’est un grand vide.
- Quand tu meurs, tu re-nais, tu vas dans un autre corps, un corps de bébé ou d’animal. Un chien qui meurt va dans une autre race de chiens.
- Parce que je suis croyant en Dieu et en Jésus Christ, je pense qu’on va dans l’Autre monde où l’âme règne. Je crois que ça dépend de ce qu’on a fait dans sa vie ; si on a fait des bonnes choses, notre âme va au paradis, sinon elle va en enfer. Il existe aussi le purgatoire, pour décider entre l’enfer et le paradis.
- Pour moi, le paradis, c’est un lit.
- Moi, je n’en ai aucune idée.
- On revit sa vie, mais sans personne, seulement avec les autres morts.
- La mort, ça libère.
- Moi, ça me fait peur.
- Le Paradis, c’est écrit dans la Bible, c’est la preuve car c’est le livre de Dieu.
- Des gens croient en différentes religions, certains disent que leur dieu, c’est un plat de pâtes bolognaises ; au départ c’était pour se moquer des croyants, mais c’est devenu une vraie religion !
- Moi, je m’en fiche de la Bible.
- Est-ce que ça fait mal quand on meurt, quand on a une crise cardiaque ?
- Oui, ça fait mal, on est désespéré tant que le cœur est en vie.
- Non, quand on meurt, on ne sent rien.
- Ce n’est pas la mort qui fait mal, on n’a une douleur que pendant quelques secondes.
- Quand il a quelqu’un de mort, tu as des émotions : tu peux penser qu’il n’est pas mort, tu n’as pas envie d’y croire : c’est le déni. Mais il y a aussi de la tristesse, ou la colère.
- Quand on coupe la tête, ça fait mal ?
- On ne sait pas, le mort ne peut pas le dire. Mais en vrai, tu n’as pas le temps de penser ou d’avoir mal.
- Ma grand-mère et mon arrière-grand-mère sont mortes.
- Moi, j’ai perdu mon meilleur ami : mon chien.
- La mort provoque de la tristesse.
- On peut être content de mourir ; si tu es une vieille personne en douleur, ça peut libérer ; ça peut faire du bien, soulager.
- Les choses sont différentes selon comment tu meurs.
Les enfants du groupe Hip-Hop (CE2-CM2)
L’humour
Pour les enfants, l’humour sert avant tout à faire rire et à partager de la joie. Cependant, ils ont aussi souligné que certaines blagues peuvent blesser ou humilier. Ils se sont interrogés sur les limites de l’humour, notamment lorsqu’il touche aux différences physiques, aux origines ou aux émotions des autres. Ils retiennent qu’une blague n’est plus drôle lorsqu’elle fait souffrir quelqu’un ou qu’elle se répète malgré le malaise de la personne concernée.
- L’humour, c’est censé faire rire les autres.
- C’est pour s’amuser.
- Il y a de l’humour noir. C’est quand quelqu’un te fait une blague et que tu ne rigoles pas.
- L’humour noir, c’est une blague qui dépasse les limites.
- L’humour noir, ce n’est pas gentil. Ce sont des blagues racistes qui ne sont pas appropriées.
- L’humour, ça peut être humiliant. C’est comme une mauvaise blague.
- L’humour noir, ça peut rendre mal quelqu’un.
- Est-ce que toutes les blagues sont drôles ?
- Non, il y a des choses racistes, c’est des insultes.
- L’humour peut provoquer des émotions, la joie, la colère ; l’humour noir peut provoquer du dégoût, de la tristesse.
- Il y a plusieurs émotions. Les blagues font rire, mais des fois il y a des détournements et on peut faire des blagues pour énerver.
- Y a-t-il des limites à l’humour ?
- Oui, quand ça concerne la taille, la couleur de peau, les caractéristiques physiques, mais aussi sur le mental.
- Quand quelqu’un fait une blague et qu’il ne sait pas s’arrêter. Il dépasse les limites.
- Si c’est pour insulter, c’est une limite, ou pour inciter quelqu’un à faire des bêtises et faire mal.
- Peut-on rire tout le temps ?
- On peut rire et être quand même gêné, et ne pas trouver ça drôle.
- Il y a des gens qui n’ont pas d’humour.
- Quand le maître fait des blagues, ça aide pour le travail. Mais il faut savoir stopper à un moment.
- Plusieurs choses peuvent provoquer de l’humour. Des objets peuvent provoquer de l’humour, par exemple au cinéma.
- On n’est pas obligé de parler pour faire rire.
- Rire pour rien, c’est pas drôle.
- Souvent, on fait de l’humour noir sans penser à l’autre personne. On termine notre blague coûte que coûte, c’est un problème. On peut faire mal au corps, mais aussi au cœur.
Les enfants du groupe Hip-Hop (CE2-CM2)
Les limites
Les enfants considèrent que les limites sont nécessaires pour bien vivre ensemble. Elles permettent de jouer, de s’amuser et de se respecter. Ils ont parlé du consentement, des excuses lorsqu’on blesse quelqu’un, même sans le vouloir, et du rôle des adultes pour faire respecter les règles.
Ils ont aussi évoqué le harcèlement et l’importance d’aider une personne en difficulté. Pour eux, sans limites, la vie collective deviendrait désordonnée et certains pourraient être exclus ou faire souffrir les autres.
- Il faut des limites, même quand on s’amuse.
- Oui, il ne faut pas aller au-delà des règles du jeu.
- Ne pas harceler, ne pas embêter, ne pas dire des gros mots, ne pas insulter.
- Il faut des limites au racisme.
- Si on fait une blague pour jouer et qu’on dit : « C’est rien, c’est juste pour rire », il faut quand même s’arrêter parce que ça blesse.
- Oui, il faut s’arrêter. C’est un peu logique, c’est le consentement.
- Et si je blesse quelqu’un sans faire exprès ? On s’excuse ou pas ?
- Il faut s’excuser même si c’est pas intentionnel ; si tu veux être respecté, il faut respecter les autres.
- On ne voit pas toujours où sont les limites. C’est pas facile.
- Quand on se moque tout le temps de la même personne, c’est une limite.
- C’est du harcèlement quand on s’acharne sur une personne pour la blesser. Le harcèlement, c’est une limite aussi.
- Si je vois un copain se faire harceler, c’est pas mon problème.
- Un peu si, surtout si tu es proche de lui.
- Non, il ne faut pas trop se mettre dans les histoires.
- Tu peux tenir à cette personne et prévenir un les adultes. Mais ça sert à rien, ils ne nous écoutent pas, les adultes. Ils nous disent d’employer le message clair. Mais ça ne marche pas.
- Comment on sait qu’on a dépassé les limites ?
- Quand quelqu’un pleure, il faut s’arrêter.
- Quand quelqu’un nous dit d’arrêter, ou quand il va voir la maîtresse.
- Je ne sais pas.
- Est-ce que les limites sont les mêmes pour tout le monde ?
- C’est la maîtresse qui décide des limites.
- On n’a pas tous les mêmes limites. Par exemple moi, je suis le chouchou. Si je dépasse les limites, on ne m’engueule pas toujours, mais si c’est lui ou un autre, il se fait engueuler beaucoup plus.
- Tout le monde doit avoir les mêmes règles. Si tu harcèles quelqu’un, tu dois t’arrêter. C’est pour tout le monde pareil.
- Ça fait des jaloux si tout le monde n’a pas les mêmes règles.
- Qu’est-ce qui se passerait s’il n’y avait plus de limites dans la cour de récréation ?
- Ce serait la bataille partout. Tout le monde ferait ce qu’il veut et il y en a qui en souffriraient.
- Ce serait la guerre, tout le monde se taperait dessus.
- Ce serait un peu la délinquance.
- Tout le monde dirait des gros mots.
- On se ferait taper et même casser les lunettes. On se moquerait des autres.
- Personne n’aurait de respect envers les autres, on ferait n’importe quoi.
- Mais pas tout le monde, on se moquerait surtout des autres, ceux qui n’ont pas la même couleur.
Les enfants du groupe Hip-Hop (CE2-CM2)
Être sage
Pour les enfants, être sage signifie souvent être calme, gentil et respecter les règles données par les adultes.
Ils associent la sagesse à l’obéissance, à l’écoute et au fait d’éviter les bêtises. Cependant, ils remarquent aussi que personne n’est sage tout le temps : même les adultes ou les personnes considérées comme sages peuvent parfois se tromper ou se mettre en colère.
Les échanges ont permis de réfléchir aux liens entre sagesse, colère, récompenses et responsabilités, ainsi qu’à la difficulté de rester maître de soi dans certaines situations.
- J’aime bien aller à l’école.
- J’aime bien être au calme.
- Ne pas être méchant.
- Être sage, ça me fait penser au bébé que Maman va avoir bientôt.
- J’aime être sage avant l’heure des Papa/Maman.
- C’est important d’être sage, pour avoir le droit d’aller aux anniversaires : c’est la récompense.
- Je n’aime pas être sage, il faut être calme, ne pas bouger !
- J’aime faire des blagues ; quand on n’arrête pas de m’embêter, j’aime même tabasser certains.
- Est-ce que vous connaissez des personnes sages ?
- Certains enfants ; ma sœur.
- Les animaux : un hamster.
- Mes 2 grands frère et sœur : mais c’est normal, ce sont des adultes.
- Des fois, les enfants sont sages aussi.
- Tous les adultes sont gentils ; il y a des enfants pas sages, et d’autres enfants sont sages.
- Sage et gentil, c’est la même chose.
- Parfois je suis gentille, parfois je suis méchante.
- Quand on a des ennuis, on va voir les adultes. Ils ont des idées.
- Mon papa, ma mère, ma sœur sont sages.
- J’aime bien être sage pour avoir des récompenses.
- Même les adultes sages, parfois ils ne sont pas sages. Un maître d’école parfois fait des bêtises.
- Tout le monde fait des bêtises.
- Il y a des gens sages et d’autres pas sages.
- Quelqu’un de sage peut faire des bêtises, par exemple quand il était à l’adolescence.
- Si des gens m’énervent, ça fait du bien de faire des bêtises.
- Ça ne sert à rien de faire des bêtises, du coup tu n’as même pas de cadeau, tu peux te faire gronder et aller au coin.
- Si un enfant n’est pas sage et qu’il fait un truc interdit et se fait mal en tombant, alors il se fait disputer, ça lui aura servi de leçon, il ne va pas le refaire.
- Il risque de se faire gronder et d’avoir une punition très grave (par exemple rester 1 heure dans sa chambre).
- Si un enfant traverse la rue pour attraper un ballon : c’est une bêtise, il n’a pas pris le passage piéton ! C’est une bêtise, il aurait pu se faire écraser, faire un accident, mais il voulait aider.
- Il aurait dû demander et faire attention. Il faut laisser le ballon être écrasé plutôt que lui.
- Est-ce qu’on peut être sage quand on est en colère ?
- Non, si on est sage, on va être encore plus en colère.
- Ce n’est pas facile de rester sage quand on est en colère, on peut faire des catastrophes.
- Oui, si on va au coin, qu’on réfléchit, et qu’on redevient sage.
- Faire un doigt d’honneur, ce n’est pas sage ; ce n’est pas celui qui fait ça qui commande !
- On fait plus de bêtises quand on est en colère, quand on est énervé, quand on est méchant.
- Tu peux crier sans être énervé et être sage quand même.
- Dans la classe, ça fait beaucoup de bruit, ça peut déranger les autres.
- Dans la cour, ce n’est pas grave ; jouer, ce n’est pas faire une bêtise ; on peut crier un peu, on peut rigoler.
- Du coup, être sage, c’est quoi ?
- C’est bien.
- C’est amusant.
- C’est ne pas être en colère, ne pas faire de bêtises.
- C’est rester gentil.
- Quand il y a un anniversaire et que tu as une invitation, tu dois être sage ; si tu n’y arrives pas, c’est quand même dommage !
- Obéir et écouter la maîtresse.
- Et aussi les parents.
Les enfants du groupe Rock & Roll (CP-CE1)
Jouer
Les enfants voient le jeu comme une source de plaisir, de liberté et de partage.
Jouer permet de s’amuser, de dépenser son énergie, d’imaginer des histoires ou de passer du temps avec les autres.
Ils ont comparé différentes façons de jouer : dehors ou à la console, seul ou avec des amis, avec ou sans règles.
Les discussions ont également porté sur la compétition, la triche et les risques de certains jeux.
Les enfants retiennent que les règles aident souvent à mieux jouer ensemble, et pour la plupart d’entre eux, l’important n’est pas toujours de gagner, mais de s’amuser.
- J’adore jouer, je fais plein de choses et du coup, ça fait perdre de l’énergie et après on dort mieux.
- J’aime bien jouer à la console. Ça va me calmer d’être tranquille.
- Je n’aime pas jouer.
- Ça me fait du bien de jouer. Ça me rend joyeuse, ça passe le temps et comme ça je ne m’ennuie pas. J’aime jouer dans la nature, comme faire de l’accrobranche et faire une cabane. J’aime bien jouer dehors.
- J’aime les jeux violents, comme jouer au kidnapping. Et aussi j’aime bien jouer tout seul aux jeux vidéo. Ça me calme.
- J’adore jouer dehors, il y a plein de jeux à faire, ça m’amuse. Faire du vélo, du trampoline, courir, jouer dans ma piscine.
- Ça occupe de jouer, sinon on s’ennuie, ça passe le temps.
- J’aime les jeux de construction, jouer à la toupie, faire des combats et écraser les autres.
- Moi, j’aime pas les jeux de bagarre, sauf les batailles d’eau.
- J’aime jouer avec mes frères dans l’eau. C’est mieux de jouer avec d’autres.
- J’aime aussi jouer à Uno, au Monopoly, au Loup-Garou. Les jeux de société, c’est bien.
- Je préfère jouer aux jeux vidéo. C’est mieux.
- Dehors, c’est mieux avec les copains, sinon on est accro aux jeux vidéo.
- On peut jouer avec sa famille dehors, mais avec la console.
- J’aime imaginer les histoires pour jouer dehors.
- Gagner, c’est pas important. L’important, c’est de participer.
- Je joue normalement, sinon avec la triche plus personne ne veut jouer avec moi. Et je serai obligée de jouer toute seule.
- Des fois je triche, des fois je joue normalement.
- Quand on triche, si on gagne, ce n’est pas vraiment gagné.
- Moi, je préfère tricher et gagner.
- Je ne triche jamais, mais je triche un peu des fois. C’est bien de tricher des fois, non ?
- Il ne faut pas faire de jeu de bagarre. Je n’aime pas le jeu du chat, on peut se faire mal.
- Je ne fais que ça avec mon père : la bagarre. Nous, on ne pleure pas, on est des durs.
- C’est pas grave de se faire mal si on joue.
- Des fois, c’est grave.
- Si c’est un jeu, c’est pas grave ; si c’est la réalité, c’est grave.
- Si quelqu’un tombe, je ramène de la glace, il faut aider les gens.
- Peut-on se passer des règles de jeu ?
- Il faut des règles, sinon on fait n’importe quoi, comme sauter partout, c’est pas le but. Et tout le monde crie.
- Non, il ne faut pas de règles, sinon c’est dur. Avec mon père, nous, on invente les règles.
Les enfants du groupe Rock & Roll (CP-CE1)
Les règles du jeu
Pour les enfants, les règles sont essentielles pour pouvoir jouer ensemble. Elles permettent à chacun de savoir ce qui est autorisé ou interdit et rendent le jeu plus juste et plus agréable. Ils pensent qu’il est possible d’adapter ou d’inventer des règles, mais uniquement si tous les joueurs sont d’accord et avant le début de la partie. Changer les règles en cours de jeu est perçu comme injuste. Les échanges ont également abordé la triche, l’importance d’expliquer les règles à ceux qui ne les connaissent pas et le fait que, même si certaines règles peuvent sembler contraignantes, elles permettent à chacun de participer et de prendre du plaisir à jouer.
- Les règles, c’est important pour savoir comment jouer.
- Si tu n’as pas la règle dans le jeu, c’est qu’on l’a enlevée.
- Les règles, ça dit ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire.
- Si tu n’en as pas, tu ne peux pas jouer.
- Mais si tu les connais bien, tu n’as plus besoin de les dire.
- Si tu connais parfaitement les règles, tu peux les changer.
- S’il y a des enfants qui ne connaissent pas le jeu, alors il faut mettre les règles de base. Mais tu peux aussi inventer une nouvelle règle.
- Par exemple Uno, avec mon papa, on a inventé le +5.
- Si tu n’as pas de jeux de société, tu peux quand même faire un jeu comme le loup famille. Le foot, c’est un jeu aussi.
- Il y a des jeux où on ne peut pas inventer les règles, comme sur la Switch par exemple. Ce n’est pas toi qui décides.
- Sur les consoles, tu ne fais pas tout ce que tu veux. Mais tu peux refaire le jeu pour t’entraîner. Mon père et moi, on a galéré pour faire les boss, mais on a réussi.
- À la console, je ne joue jamais tout seul, sinon je m’ennuie.
- Lui, quand il perd, oh non, il change les règles.
- En plein milieu d’un jeu, on n’a pas le droit de changer les règles, il faut attendre la revanche pour les changer.
- Si tu changes les règles au milieu, c’est que tu es un mauvais joueur.
- Avant de jouer, on doit vérifier si tout le monde connaît les règles. Il vaut mieux les lire et regarder si c’est vrai, parce que peut-être que on confond le jeu.
- Lire la notice, c’est trop long, il vaut mieux demander à un adulte.
- Ah non, les adultes, ils sont trop longs, ils font des précisions tout le temps.
- On peut quand même demander à papa ou à maman.
- Il faut des règles pour que tout le monde puisse jouer.
- Il y a des règles qui sont injustes et après tout le monde va se disputer et plus personne ne voudra jouer.
- Moi, je joue qu’avec ceux qui sont dans ma team.
- Moi aussi, je préfère jouer avec mes copains, je ne joue pas avec mon pire ennemi.
- Moi, je joue avec tout le monde.
- Quand personne ne regarde, j’en profite pour tricher. On peut aussi jouer au Monopoly triche.
- Ça ne sert à rien de tricher : si tu triches, on peut savoir que ce n’est pas vrai et que tu mens. Personne va te croire et après plus personne ne voudra jouer avec toi.
- Si la règle est ennuyante, je la respecte quand même, sinon tu ne fais rien tout seul et après tu t’ennuies.
- Moi, je n’aime pas les règles qui m’ennuient. Je ne les fais pas.
Les enfants du groupe Rock & Roll (CP-CE1)
Luska Liamm : www.luska.org