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Livret CM1-CM2 : École primaire du Poan Ben, Morlaix

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La Philo des Marmots : paroles d’enfants. École du Poan Ben, classes CM1-CM2, année 2026.

Faire de la philosophie c’est réfléchir à des questions importantes que se posent les êtres humains depuis très longtemps, et pour lesquelles même les grandes personnes n’ont pas la bonne réponse.

Faire de la philosophie c’est réfléchir au monde qui nous entoure sans chercher la solution à nos questions… Mais au contraire c’est réfléchir à toutes les réponses possibles, comme si on allumait une bougie à chaque nouvelle idée.

Les grandes questions n’ont pas de bonnes ou de mauvaises réponses, elles ont besoin de bonnes idées pour éclairer le chemin.

La sagesse

Lors de cet atelier, les enfants ont cherché à comprendre ce que signifie « être sage ».

Ils ont d’abord associé la sagesse à des attitudes concrètes : être calme, réfléchir avant d’agir, éviter les bêtises et respecter les autres. Mais il est ressorti qu’être sage, ce n’est pas seulement obéir, c’est aussi savoir se contrôler et faire attention aux autres.

Les échanges ont aussi montré que la sagesse est liée au savoir et à l’expérience, mais qu’il n’est pas nécessaire de tout connaître : on devient sage en apprenant, y compris grâce à ses erreurs. Les enfants ont souligné l’importance de l’humilité et du fait d’utiliser ses connaissances pour aider plutôt que pour se vanter.

Enfin, ils ont compris que la sagesse dépend souvent des situations : il faut réfléchir pour décider de ce qui est juste, et l’on peut commettre des erreurs tout en continuant à apprendre.

  • C’est être calme
  • C’est quand on réfléchit. C’est être délicat.
  • Ne pas faire de bêtises.
  • Être sage c’est savoir des choses.
  • C’est quand on connaît plus de choses que d’autres personnes.
  • C’est être courageux. Mais je ne comprends pas pourquoi
  • Il faut un peu d’humilité, et ne pas se croire au-dessus des autres.
  • Si on sait des choses plus que d’autres, il ne faut pas se vanter.
  • C’est être respectueux des autres.
  • La Sagesse, ça me fait penser à un sage dans un village. Un vétéran. Ils sont vieux. Dans Astérix le sage fait des potions magiques
  • Un sage c’est quelqu’un qui a des connaissances. Les autres savent qu’il est au-dessus des autres. Les Jedi sont sages. Ils réfléchissent, ils ont des intuitions.
  • C’est être sérieux comme un philosophe. Quand tu es sage, tu te sers de tes connaissances pour protéger les autres
  • On n’a pas besoin de tout savoir. Anatole la tuile. Elle sait tout, elle est exemplaire.
  • Si on fait des bêtises et bien ça sert à quelque chose : l’apprentissage.
  • Espionner par exemple, c’est une bêtise mais ça peut être de la sagesse parfois. Ça dépend des fois. On peut être sage et faire des conneries quand même.
  • Le chasseur, il tue un sanglier malade pour éviter que les autres soient tous malades. Donc c’est sage même s’il a tué un sanglier.
  • Faire des bêtises, ça fait du bien.
  • Se venger ce n’est pas sage. Mais ça fait du bien.
  • Il faut faire du mal pour aimer le bien.

Les gros mots

Lors de cet atelier, les enfants ont réfléchi à ce que sont les gros mots et à la façon dont on les utilise.

Ils ont d’abord expliqué que les gros mots sont souvent liés aux émotions : on les dit quand on est en colère, quand on se fait mal, ou parfois sans réfléchir. Certains ont remarqué que cela peut « sortir tout seul » et même soulager.

Les enfants ont ensuite cherché à distinguer gros mot et insulte. Pour eux, un gros mot n’est pas toujours dirigé contre quelqu’un, alors qu’une insulte vise à blesser. Ils ont compris que l’intention et la situation changent le sens des mots.

Ils se sont aussi interrogés sur l’origine de ces mots : qui décide qu’un mot est « moche » ? pourquoi certains sont interdits aux enfants mais utilisés par les adultes ? Cela les a amenés à réfléchir aux règles de langage, au respect et à la manière de vivre ensemble.

Enfin, ils ont reconnu que les mots peuvent faire rire, mais aussi rendre triste ou faire du mal, d’où l’importance de réfléchir avant de parler.

  • C’est un mot qui est écrit en gros.
  • C’est quand on est énervés. On crie à moitié.
  • Quand on dit « ferme ta gueule ». C’est comme si on te traitait d’animal.
  • Un gros mot ce n’est pas forcément un mot très joli.
  • Les humains ont décrété que ces mots étaient moches.
  • Les adultes les utilisent beaucoup. Et nous on n’a pas droit. Il y a une avalanche de gros mots dits par des adultes.
  • Les gros mots ce sont juste des mots inventés.
  • « Bonjour » peut être transformé en « putain » si on décide
  • Les gros mots, ça fait du bien d’en dire.
  • Je dis des gros mots quand je me cogne. Ça sort tout seul
  • Des fois tu es tout seul quand tu en dis. Moi j’insulte le miroir.
  • Une avalanche de gros mots, ça fait du bien.
  • Les parents se croient tout permis. Je compte les gros mots que les parents disent tous les jours.
  • Mes parents doivent mettre une pièce à chaque fois qu’ils disent des gros mots.
  • Pourquoi les gros mots, ce n’est pas gentil. Ça peut rendre triste.
  • Pourquoi les gros mots sont moches ? Qui décide que ce sont des gros mots.
  • C’est l’insulte qui est un gros mot.
  • Est-ce qu’un gros mot est toujours une insulte ?
  • Tous les gros mots ne sont pas des insultes. Une insulte c’est dirigé vers quelqu’un.
  • Ce n’est pas pareil. L’insulte c’est envers quelqu’un. Le gros mot c’est familier.
  • L’insulte c’est forcément un gros mot, c’est pour faire du mal
  • Des fois, on ne pense pas dire de gros mots, mais ça part tout seul. On ne voulait pas le dire et on regrette.
  • Je ne voulais pas l’insulter.
  • Ça fait rire les gros mots.
  • Les gros mots ont été inventés par des garçons, les filles n’avaient pas le droit de s’exprimer. Les mots qu’ils trouvaient bizarres sont devenus de gros mots.
  • Ce sont des mots d’avant. Peut-être que les gros mots viennent du latin.
  • Ça peut être volontaire ou involontaire.
  • Moi je connais des gestes qui sont des gros mots.

La peur

Lors de cet atelier, les enfants ont cherché à comprendre ce qu’est la peur et pourquoi elle existe.

Ils ont décrit la peur comme une émotion forte qui fait sursauter, crier, pleurer ou se figer. Elle peut apparaître face à quelque chose d’inconnu, de surprenant ou que l’on ne comprend pas, mais aussi dans l’imaginaire, les films, les cauchemars ou la nuit.

Les enfants ont remarqué que chacun a des peurs différentes : certains ont peur du noir, d’images impressionnantes ou de ne pas réussir, tandis que d’autres n’ont pas peur des mêmes choses. Ils ont compris que la peur est personnelle et qu’il n’y a pas une seule façon de la ressentir.

Les échanges ont également montré que la peur peut jouer un rôle utile : elle agit comme un signal d’alerte qui protège et prépare à se défendre ou à faire attention. Elle peut aussi aider à devenir courageux en apprenant à l’affronter.

Enfin, les enfants ont souligné que parler de ses peurs, se rassurer (par exemple avec des habitudes, des objets familiers ou l’aide des parents) permet de mieux les apprivoiser.

  • C’est quand on voit quelque chose, c’est un sentiment qui nous fait sursauter et crier.
  • C’est un sentiment qu’on ressent par exemple pendant un film, on peut pleurer et se cacher les yeux.
  • La peur c’est quand on te fait « Bouh » !
  • Quand je vois Nathan le matin ça me fait peur.
  • Je ne comprends pas pourquoi on a peur ?
  • Pourquoi les clowns tueurs et ben ça fait peur ?
  • Quand on voit quelqu’un qui fait les yeux blancs et ben on a peur.
  • Pourquoi certaines choses font peur et pas d’autres ?
  • Je suis phobique du noir et de quasiment tout. J’ai peur tout le temps. J’ai peur des films et je me demande comment vous faites pour les regarder ?
  • Comment faites-vous pour ne pas avoir peur du sang ?
  • J’ai peur de la peur.
  • Mes parents regardent les films avant moi comme ça j’ai moins peur.
  • Je reprends la question d’avant à quoi ça sert la peur. Les yeux blancs ça fait peur parce que ce n’est pas normal, mais ça peut servir à être courageux et à affronter ses peurs.
  • Moi le sang ça ne me fait pas peur
  • La peur c’est quand on voit quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir.
  • C’est l’effet de surprise qui fait peur, mais ça peut faire rire aussi.
  • La seule chose qui ne me fait pas peur c’est les livres.
  • Cauchemarder ça peut faire peur. Il n’y a pas que la réalité qui fait peur.
  • Moi je n’aime pas vraiment sursauter ou qu’on me fasse peur.
  • Dire qu’on a peur ça peut être difficile.
  • La peur c’est un système de défense du corps.
  • Quand on a peur c’est qu’on pense à des choses négatives.
  • Parfois la peur et ben ça me fait rire
  • Moi je n’aime pas la peur
  • Peut-on avoir peur de soi-même ? Moi parfois j’ai peur de ne pas y arriver.
  • Parfois je suis obligé de réveiller mes parents parce que j’ai peur.
  • Moi j’ai une peur bleue c’est celle des monstres qui surgissent.
  • Mon cerveau ne peut pas m’empêcher d’avoir peur il envoie un signal d’alerte.
  • La peur ça peut figer… on ne bouge plus.
  • C’est un système de défense qui permet d’éviter les dangers. Ça permet de se préparer à se défendre.
  • Avoir peur ça ne fait pas du bien.
  • Se figer c’est un système de défense, mais il y a d’autres solutions pour se rassurer comme faire une cabane de doudou.
  • Quand on a peur c’est de mourir. Si on était immortel et ben on n’aurait pas peur.
  • Des fois on a peur mais on n’ose pas en parler
  • C’est surtout la nuit qu’on a peur
  • Moi j’ai peur le jour et la nuit
  • Moi aussi j’ai peur de la mort mais j’ai surtout peur la nuit

La destruction permet-elle la création ?

Lors de cet atelier, les enfants ont exploré le lien entre détruire et créer.

Ils ont d’abord observé que casser ou transformer quelque chose peut parfois permettre de faire du nouveau : reconstruire un objet, inventer une autre forme avec des jeux de construction, ou réutiliser une matière pour un autre usage. Ils ont aussi remarqué que dans la nature, il existe des cycles : ce qui disparaît peut permettre à autre chose de pousser ou de se transformer.

Les enfants ont également souligné que la destruction peut aider à réfléchir, à imaginer ou à recommencer autrement. Elle peut devenir une étape pour apprendre, s’améliorer ou créer différemment.

Mais ils ont aussi insisté sur le fait que toute destruction n’est pas positive : elle peut rendre triste, provoquer de la colère, ou être irréversible, notamment lorsqu’elle touche les êtres vivants ou la nature.

  • Si on fracasse 2 cailloux, ça peut créer quelque chose de nouveau
  • Si on casse un vase, on essaie de le recoller. On le fait mal, mais ça peut être réussi.
  • Quand on répare quelque chose, parfois ça rend bien et ça devient trop stylé.
  • On casse un glaçon, ça fait de l’eau, on refait un glaçon, et on le recasse. On peut recommencer plein de fois.
  • À chaque fois qu’on casse ça peut créer quelque chose.
  • J’ai un exemple dans la nature : avec les pommes de pin. Quand il y a un incendie, elles s’enflamment et après il y a des graines. La destruction d’une plante amène une nouvelle plante.
  • Une tour Kapla tombe par terre. Ça peut faire une forme nouvelle encore mieux. Du coup on recommence
  • On casse un LEGO on est énervé, ça nous défoule et après ça peut nous faire du bien de reconstruire.
  • Casser ça permet de penser avec son imagination. Par exemple, on casse un vase on le donne à quelqu’un pour le reconstruire. Il a une autre forme grâce à l’imagination
  • On casse un LEGO et on découvre de nouvelles formes. On peut même l’améliorer. Casser ça permet d’inventer une nouvelle forme plus rigolote.
  • Au Japon on recommence quand c’est raté.
  • On brûle du bois et ça fait des cendres, et après on peut faire du fusain pour dessiner.
  • Vous avez tous parlé d’effets secondaires de la destruction, mais ce qui est détruit peut à nouveau servir. Il y a plein d’exemples dans la nature. Ce sont des cycles.
  • On regarde un film. On fait des popcorns. On les chauffe, ça détruit les grains, mais en même temps ça fait de la nourriture.
  • Un arbre qui tombe d’autres plantes peuvent pousser à la place.
  • Au Super U il y a une machine qui détruit des bouteilles en plastique et ça fait des paillettes.
  • Au jeu des dominos, on les place l’un après l’autre et ensuite ils tombent en cascade. La destruction donne envie de recommencer
  • La destruction peut servir à réfléchir. On casse une vitre et après on a plus envie de le refaire.
  • Ça peut rendre triste de casser. Un accident ça peut rendre triste
  • La destruction peut provoquer de la colère.
  • La destruction n’est pas toujours créatrice. Si on détruit la nature ou quand tu meurs il y a destruction et après il n’y a rien qui revient.
  • Mon chat est mort et j’en ai eu un autre.
  • Toutes les morts n’apportent pas forcément une création.
  • Certaines morts peuvent quand même créer des émotions

Les vacances

Lors de cet atelier, les enfants se sont interrogés sur le sens des vacances et leur utilité.

Pour beaucoup, les vacances servent d’abord à faire une pause : se reposer, prendre son temps et « lâcher » après le travail de l’école. Ils ont comparé cela à un moment nécessaire pour que le cerveau récupère avant de recommencer à apprendre.

Mais les échanges ont montré que les vacances ne sont pas toujours synonymes de repos. Certains enfants les trouvent fatigantes, car il y a beaucoup d’activités, de déplacements ou de préparation. D’autres disent même préférer l’école, où l’on apprend de manière organisée.

Les enfants ont aussi remarqué qu’on apprend autrement pendant les vacances : avec sa famille, en faisant du sport, en découvrant de nouvelles activités ou en vivant des expériences du quotidien. Ils ont compris que l’apprentissage ne se fait pas seulement à l’école.

Enfin, ils ont souligné l’importance des vacances pour passer du temps en famille, profiter, s’ennuyer parfois, mais aussi grandir différemment. Ils ont conclu qu’il est nécessaire d’avoir des temps de travail et des temps de pause pour garder un équilibre.

  • Celui qui a inventé les cahiers de vacances qu’est-ce qu’il n’a pas compris dans le mot vacances ?
  • Les vacances c’est fait pour prendre du temps pour soi, ça sert à se reposer. Quand on fait l’école, le cerveau se fatigue et il a besoin de lâcher prise.
  • Quand on travaille, le cerveau réfléchit, mais quand on est en vacances le cerveau réfléchit quand même aussi.
  • C’est quoi le travail ?
  • Quand on ne travaille pas on est content.
  • Les vacances pour moi, ce n’est pas reposant, tu dois faire tes valises, tu fais plein de choses ? Du coup je me lève tôt et quand tu rentres à l’école tu es fatigué.
  • Je préfère l’école aux vacances. Ça ne sert à rien les vacances, c’est nul, on ne peut pas apprendre des trucs tout seul à la maison.
  • Moi j’aime bien les cahiers de vacances.
  • En fait on apprend aussi des choses en dehors de l’école. L’été on peut sauter dans la piscine, apprendre à nager. Tu peux apprendre avec tes parents, on n’est pas obligé de tout apprendre à l’école. Moi j’apprends à faire du vélo avec mon père, j’apprends à fabriquer des choses parce qu’il est menuisier.
  • Souvent on a la flemme de travailler, alors qu’en vacances on n’a pas la flemme de faire plein de choses.
  • Je n’aime pas me lever tôt mais en vacances ça ne me dérange pas : Je vais au basket, je fais plein d’activités.
  • Ça sert à quoi les vacances ? D’où vient le mot vacances.
  • Les parents, ça fait grave longtemps qu’ils ne sont pas allés à l’école, ils ont tout oublié, du coup ils ne peuvent pas nous faire travailler. C’est pour ça que je préfère l’école.
  • Moi ma mère elle est maîtresse, elle connaît plein de choses. Suivant le métier que les parents font ils peuvent quand même nous apprendre plein de choses.
  • Les parents ils peuvent toujours nous expliquer plein de choses importantes de la vie.
  • On va à l’école pour apprendre, mais si on n’avait pas de vacances, on ne pourrait pas se reposer.
  • Je m’ennuie beaucoup en vacances, mais on peut apprendre tout seul.
  • J’aime bien les vacances on ne fait pas de maths
  • Les vacances ça permet de passer du temps en famille et c’est très important
  • Si on travaille tout le temps, on ne se repose pas.
  • Les vacances ça a été inventé pour faire une pause et arrêter la guerre se reposer un peu et recommencer après.
  • Avant les enfants travaillaient dans les champs pendant les vacances, ce n’était pas vraiment des vacances, ils n’avaient pas vraiment de temps libre.
  • Le week-end c’est un peu des vacances parce que c’est du temps libre aussi.
  • Si les vacances ne servent à rien, les week-ends non plus.
  • Avec des vacances on n’est pas pressé, on prend son temps.
  • Les vacances c’est toujours fatigant, plus fatigant que reposant. Ne rien faire de la journée ça peut être fatigant.
  • Les vacances c’est fait pour profiter.
  • Si on n’a pas de vacances on ne peut pas fêter les fêtes de Noël ou de Pâques.
  • Je ne suis pas d’accord. Il y a des jours fériés et on peut quand même faire les fêtes en famille. Les week-ends et les jours fériés sont des mini-vacances.
  • En tout cas, il faut du temps pour préparer les vacances. C’est du travail.

Luska Liamm

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